Une Eucharistie trationaliste
Nous avons reçu la tradition Chrétienne avec ses pratiques et ses doctrines.

La photo ci contre était publiée dans le Missel anglais The English Missal, sorti en 1912. La gravure présente la liturgie de la Toussaint.

La gravure représente une célébration eucharistique très high church et, peut-être, démodée.

Mais attention. En général il faut prendre au sérieux la conviction de l'autre.

La prise au sérieux, c'est essayer de comprendre.

La gravure représente les Saints dans le royaume, avec l'agneau de de Dieu et la reconstitution du sacrifice du Christ dans l'Eucharistie.

Ici bas, les fidèles se sont rassemblés pour la célébration. Certains vont communier.

En Angleterre à partir de la mi quatorzième siècle, l'époque de la peste, on construisait des églises dont les choeurs étaient très longs.

Les fidèles croyaient qu'ils n'étaient pas dignes de se raprocher du sacrement, car la peste était la punition de Dieu.

Toutefois on pourrait de loin le corps du Christ ou l'hostie..

En 1912 des maladies banales, dont le traitement est facile aujourd'hui, étaient très graves. Parfois les connaissances supplantent certaines idées religieuses 
Une Eucharistie contemporaine
Plus récemment l'eucharistie, présidée par le prêtre, est comprise comme  une célébration des fidèles  rassemblés. 

Pour  la consécration, le rôle des fidèles implique la présidence presbytérale - ou sacerdotal - de la  célébration partagée.

La présence réelle du Christ est affirmée. Toutefois certaines traditions estiment une réalité sacrementel alors que d'autres perçoivent une spiritualité qui affirme la présence réelle lors d'une célébration digne.
Le pain et le vin sont plutôt  symboliques.

D'autres Chrétiens croient que les sacrements sont "ontologiques." Ontologique est dérivé du participe grec du mot être. (ειμι avec le participe ων οντος ...).

La justification des deux avis serait logiquement, ou théologiquement équilibrée.

Toutefois la photo, ci contre,  représente une église moderne, avec une tradition modérée.

Il n'y a pas très longtemps, on pensait qu'on devrait accepter l'enseignement de "son" église ou de sa tradition ecclésiale même.

Aujourd'hui ceux qui acceptent l'intégralité de la tradition ecclésial sont moins nombreux.

Nous sommes plus tolérants et nous nous travaillons ensemble face à nos connaissances incomplètes, donc provisoires.   
Bernard Lonergan SJ identifie deux pistes principales


  1. La théologique en oratio obliqua  partage la tradition. Elle comporte l'histoire, l'interprétation de l'histoire, la connaissance des données. 
  2. Avec les deux photos nous constatons des points de vue conflictuels. On l'appelle la dialectique. La communauté Chrétienne est un lieu de débat, d'argument, de discussion. C'est une passerelle vers une théologie en oratio recta.

Cette deuxième phase de construction engage les fondations, les doctrines, la (théologie)  systématique et surtout la communication. On doit expliquer, partager et faire accessible une croyance moderne. 
On est converti - il va de soi :
Nous connaissons  la conversion intellectuelle, morale et spirituelle :
Les trois s'appliquent à chacun et chacune, mais avec des différences d'équilibre.
L'église a besoin
des penseurs,
des personnes spirituelles ou contemplatives
de la conversion morale.
Au sein de l'église il y a toujours la dialectique, le désaccord, car l'église est vivante. A lire : Method in Theology Bernard Lonergan : London DLT 1971
Mes Croyances
ou
ma Théologiqe à moi
La tradition Chrétienne - celle de mon Eglise ?
La Gravure
On a perdu le vocabulaire traditionnel, on est moins crédule ... ou nos perceptions spirituelles ont évolué.
      
Nous cherchons des repères, mais qui détermine la doctrine ?
     
Malgré les prises de position ecclésiales ou ecclésiastiques, il n'y a pas de solution définitive. En revanche, croire n'importe quoi serait problématique.
    
Une interprétation de Lonergan : la dialectique, c'est à dire la passerelle entre oratio recta et oratio obliqua, serait un rôle essentiel de l'église, ou de la communauté des croyants.
Par conséquent :
L'église doit encourager une théologie accessible, dont l'apport des pratiquants laïcs comprend l'expérience vécue.
Car la théologie s'appuie sur l'expérience vécue, l'expérience spirituelle et la tradition.
Une théologie ecclésiale, dans le contexte de la communauté des croyants serait plus créative
qu'une théologie ecclésiastique dont le but serait la sauvegarde d'une tradition reçue.
Il y a, quand même, des paramètres qui expriment les croyances fondamentales et catholiques

Donc le dicton de St Vincent de Lérins :
In ipsa item catholica ecclesia, magnopere  curandum est ut id teneamus quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est ;
Dans l'église vraiment Catholique, on doit être toujours vigilant de rester fidèle à ce qui est cru partout, toujours et par tous